Archive | février, 2016

Exposition à l’Institut des cultures d’Islam

      L’exposition photographique Regards Posés. Hammams de la Médina de Tunis présentée à l’Institut des Cultures d’Islam tente de restituer les multiples dimensions matérielles et immatérielles des hammams de la Médina de Tunis ainsi que les défis posés à leur sauvegarde contemporaine. Central Dupon Images est fier d’en avoir réalisé l’ensemble des tirages. […]

« Avant il y avait beaucoup plus de monde qui fréquentait le hammam, mais les salles de bains privées sont arrivées et beaucoup restent maintenant chez eux ! » Le très vieux hammam mixte d’Er-Remmimi est situé à la limite nord des faubourgs de Tunis. Bâti en 1245 par Mohamed El mimi et racheté au XVIème siècle par la famille Ghariani, il n’accueille désormais pas plus de trois cent personnes par semaine, hommes, femmes et enfants, contre plus de six cents auparavant ! C’est une clientèle du quartier de tous âges et fidèle qui le fréquente. Elle y a ses habitudes et elle aime s’y retrouver pour d’intenses moments de palabres et d’histoires à se raconter. Lorsque l’on s’assied dans la salle chaude, tous les uns à coté des autres, les pieds dans la bassine en attendant l’heure du lavage et du massage, on entend résonner dans la coupole le tourbillon des conversations ainsi que les râles de certains clients qui passent entre les mains des masseurs ! Les personnels qui y travaillent ont eux aussi presque entièrement disparu. Le service des foutas n’existe plus (remise, lavage, étendage), le gaz de ville a remplacé le bois et supprimé les emplois de la chaudière et la caisse est le plus souvent tenue par la famille Ghariani elle même ! Les masseurs qui souhaitent faire le métier se font de plus en plus rare, et aujourd’hui seuls Djamel et Nordine y travaillent encore régulièrement pour les hommes. Passez entre leurs mains et vous aurez l’impression de rajeunir brutalement tout en vous soulageant d’une épaisse couche de crasse collée à la peau. Et c’est souvent en chantant et en dansant qu’ils vous feront grimacer, le gant de crin sur la main et les bras tendus vers vos articulations ! Autrefois ils étaient près de douze tayebs, ils ne sont plus que deux …